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l’azile » bienheureux sont les cons

April 21, 2012

inacceptable

catherine @ 2:38 pm

Le nom et les coordonnées de la personne à qui s’adresse ce texte ont été supprimés car je ne suis pas intéressée à humilier publiquement les gens mais plutôt à faire connaître mon opinion et, je l’espère, faire réfléchir.

Madame,

C’est avec consternation que j’ai pris connaissance de votre message (cité ci-après) visant à recruter des personnes handicapées pour un projet de photographie.

Consternation car vous avez réussi, en à peine 200 mots, à bourrer ce message de pratiquement tous les clichés possibles sur le handicap et à reproduire parfaitement l’ableism qui imprègne notre société dite moderne. Comment expliquer autrement des propos qui se rabattent sans originalité sur des idées reçues faisant l’éloge de notre courage, notre détermination, les épreuves à affronter, etc. Mais surtout, comment sinon expliquer ce petit bijou :

« L’aspect le plus important dans ce projet, c’est de voir l’acception de votre situation. »

Je ne sais pas si je peux arriver à vous faire comprendre à quel point cela est inapproprié, inacceptable même. Qu’un commentaire comme ça reflète une vision débordant de préjugés sur les personnes qui font partie de ma communauté. Dans cette seule phrase, vous perpétuez le stéréotype qu’un handicap doit être un fardeau à accepter, vous refusez d’emblée la proposition qu’il puisse simplement être.

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February 26, 2011

mensonges et menteries

catherine @ 12:14 am

Je ne comprends pas les gens qui mentent.

Je ne parle pas des « petits mensonges blancs » (expression empruntée de l’anglais « little white lies ») où l’on ment, par exemple, pour ne pas blesser. Du genre « mais non, cette robe te va à ravir, j’t'assure ! » (numéro 5 dans le Top 15). Tout le monde a déjà fait ça et, bien ou mal, c’est assez mineur comme offense.

Je ne parle pas non plus du mensonge par omission ou par origami même si j’estime que ce n’est pas joli et que ça peut être assez dommageable. Je ne parle même pas de l’acte de mentir pour sauver la face, pour se sortir du pétrin, quoi que je trouve ça décevant, une faiblesse de caractère peu enviable quoi qu’en disent les sous-entendus de certaines descriptions de tâches.

Non, je parle des gens qui mentent par entêtement, par conviction même. Qui, même avec les faits devant eux, indéniables, limpides, sont capables de te regarder dans les yeux (ou dans le téléphone ou dans le courriel ou whatever) et de te mentir, sans gêne et sans scrupules. Je trouve ça incompréhensible, répréhensible et arrogant.

Et je ne suis pas impressionnée.

May 26, 2009

de-evolution

catherine @ 12:48 am

It is funny (not in a ha ha sense but in an ironic sense) that after I got home tonight, this article from Wired.com was waiting for me in my RSS feeds. Originally titled “Why We Freak Out at Freaks” (and, after several complaints in the comments section to the post, changed to “Why We Stare, Even When We Don’t Want To”), the article explains why staring when one sees someone who looks different “actually makes sense, at least in an evolutionary sense”.

I found it funny because while I was out walking around looking for a decent restaurant with a nice atmosphere to have supper in my neighbourhood that would actually be open on a Monday night (I eventually gave up and ordered in Chinese, which ended up being pretty good), I was stopped by a young man on a street corner who asked me what was wrong with me. Needless to say I was thoroughly annoyed but I will get to that in a minute.

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February 7, 2009

attachez-nous, tant qu’à y être

catherine @ 7:34 pm

Comme d’habitude, je suis en retard pour le party puisque je n’ai appris la nouvelle qu’hier : la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) oblige, depuis juillet 2008, les fabricants de fauteuils roulants motorisés à limiter la vitesse des « véhicules » à 10 km/h. Sans doute le fait que je n’utilise plus de fauteuil roulant motorisé depuis quelques années maintenant, sans compter que mon ignorance des actualités locales est légendaire, y est pour quelque chose. Mais bon, maintenant que je le sais, je dois dénoncer haut et fort cette mesure scandaleuse.

Déjà qu’on qualifie un fauteuil roulant de « véhicule » pose problème. Un moyen de locomotion, certes, mais pas du tout dans la même veine que des autos, motos, vélos, etc. Certains compareront un fauteuil roulant à des jambes ce qui se rapproche un peu plus de la réalité mais encore là, je trouve que l’analogie est pauvre. Simplement, cela représente un moyen pour certaines personnes handicapées de se déplacer, de bénéficier de plus d’autonomie et il n’y a vraiment rien qui puisse s’y comparer.

Certains groupes de personnes handicapées ont dénoncé cette mesure; il paraît qu’il y en a qui seraient même prêts à interpeller la Commission des droits de la personne s’il le faut et je leur souhaite merde. Mais la réalité est que la communauté est partagée. Sans doute le fait que la plupart des gens qui travaille dans le milieu et qui représente les intérêts des personnes handicapées n’est pas handicapé y est pour quelque chose…

Je ne me lancerai pas dans des longs argumentaires parce que, de toute manière, les chialeurs à l’origine de cette mesure discriminatoire s’en foutent et j’ai d’autre chose à faire que de perdre mon temps à essayer de convaincre des gens qui ne pigent pas. Mais je me permettrai de dire « tassez-vous calice au lieu de rester plantés là à nous dévisager ou à vous imaginer que vous êtes tout seul sur la planète ». Déjà ça, ça règlerait bien des problèmes.

Mais bon, si on se permet de limiter la vitesse à laquelle on peut se déplacer en fauteuil roulant, eh bien moi j’exige qu’on oblige les fabricants de vélos, skates, patin à roulettes et compagnie de limiter leur vitesse à 10 km/h. Car après tout, tout compte fait, ces « véhicules » sont beaucoup plus nuisibles à la santé de tous ces pauvres bipèdes.

Comme on dit en anglais, « fair is fair ».

PS. traduction googlienne de « tassez-vous calice »  : « pack your chalice ». Trop mourant.

PS2. Un article sur la question sur le blogue de Parole Citoyenne signé par Pierrot Péladeau qui explique infiniment mieux que moi la sournoise gravité de ce geste.

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