February 7, 2013

finasserie

catherine @ 12:55 am

Voilà comment on fait pour ne pas répondre à une question légitime et sérieuse.

L’office de consultation publique de Montréal a tenu récemment des audiences dans le cadre de la campagne “Faire du neuf avec le Vieux“, qui vise à recueillir mémoires et commentaires des montréalaises et montréalais sur l’avenir du Vieux-Montréal. Les audiences ont été filmées et les vidéos ont été mises en ligne ce qui m’a donné la chance de prendre connaissance, de chez moi, des préoccupations apportées lors de cette opération de consultation.

Lors de la dernière audience, le 29 janvier dernier, un représentant de l’organisation Moelle épinière et motricité Québec (MEMO-Qc) a mis de l’avant la question complexe de l’accessibilité architecturale. Quiconque a des limitations motrices, même mineures, peut témoigner du peu d’accessibilité de cet arrondissement à caractère historique.

Or, en visionnant l’extrait où le réprésentant de MEMO-Qc est intervenu (05:47m-16:05m approx), on constate que les gens interpellées ont maîtrisé l’art de la tergiversation. En effet, on a déployé des efforts considérables pour ne pas répondre aux préoccupations clairement exprimées au sujet des entraves que la protection du patrimoine historique représente souvent en matière d’accès et d’utilisation d’un arrondissement complet ou presque pour une partie importante de la population. Grosso modo :

  1. Le gars de la ville a esquivé la question en parlant des ascenseurs dans le métro Champ-de-mars;
  2. L’architecte du ministère a esquivé la question en expliquant que si on lui présentait des projets avec l’accessibilité, ce serait sûrement une bonne idée et elle est ensuite allée jusqu’à suggérer que c’est au promoteur de le proposer afin de voir au respect de ce droit civil. C’est une architecte ministérielle ou une patenteuse de petits villages légo?;
  3. Le promoteur a esquivé la question en affirmant sans vergogne que ça fait juste 10 ans que l’accessibilité architecturale est une préoccupation en architecture et s’est ensuite plaint qu’on n’était pas gentil avec lui et qu’on le traînait pratiquement en justice au lieu de proposer des solutions (alors que des solutions sont proposées et des compromis sont acceptés depuis presque 40 ans dans divers endroits au monde).

On peut comprendre que ce n’est pas une question facile. Mais on est quand-même en 2013. Il faudrait arrêter de nous prendre pour des cons et de nous répondre n’importe quoi.

#vieux-mtl #handicap #a11y #complaisance

April 21, 2012

inacceptable

catherine @ 2:38 pm

Le nom et les coordonnées de la personne à qui s’adresse ce texte ont été supprimés car je ne suis pas intéressée à humilier publiquement les gens mais plutôt à faire connaître mon opinion et, je l’espère, faire réfléchir.

Madame,

C’est avec consternation que j’ai pris connaissance de votre message (cité ci-après) visant à recruter des personnes handicapées pour un projet de photographie.

Consternation car vous avez réussi, en à peine 200 mots, à bourrer ce message de pratiquement tous les clichés possibles sur le handicap et à reproduire parfaitement l’ableism qui imprègne notre société dite moderne. Comment expliquer autrement des propos qui se rabattent sans originalité sur des idées reçues faisant l’éloge de notre courage, notre détermination, les épreuves à affronter, etc. Mais surtout, comment sinon expliquer ce petit bijou :

« L’aspect le plus important dans ce projet, c’est de voir l’acception de votre situation. »

Je ne sais pas si je peux arriver à vous faire comprendre à quel point cela est inapproprié, inacceptable même. Qu’un commentaire comme ça reflète une vision débordant de préjugés sur les personnes qui font partie de ma communauté. Dans cette seule phrase, vous perpétuez le stéréotype qu’un handicap doit être un fardeau à accepter, vous refusez d’emblée la proposition qu’il puisse simplement être.

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November 14, 2011

chaque histoire compte

catherine @ 3:05 am

Photo du permis de conduire de Catherine Roy

Ce texte a été publié dans le cadre d’un projet collectif réunissant cinq personnes handicapées qui racontent, selon leur perpective unique, la journée du 10 novembre 2011. Je vous invite à aller lire leurs histoires. Chaque histoire compte.

Je ne devais pas assister à la conférence de Colin Barnes. Je devais être à Combermere en Ontario chez mes parents. Ou au pire, je devais être sur la route vers Combermere, peut-être légèrement égarée (ça m’arrive des fois de me perdre en conduisant), vraisemblablement stressée. Mais mon voyage a été annulé à la dernière minute et mon jeudi soir était soudainement libre. En fait, j’aurais pu, j’aurais dû, rester chez moi et m’avancer sur la tonne de boulot qui s’accumule sans fin, du moins il me semble. Mais Laurence m’a rappelé cette conf à McGill et spontanément, je me suis dit que ça changerait d’un écran d’ordi.

Depuis que j’ai une auto (mon père m’a offert un vieux bazou cet été pour célébrer l’obtention de mon permis de conduire), j’ai accès à la spontaniété. La spontaniété dans la vie d’une personne handicapée, c’est plutôt rare. Nos gestes, nos déplacements sont généralement planifiés d’avance, souvent longtemps d’avance. On passe notre vie à attendre après les autres, à développer des routines pour pouvoir arriver à faire tout ce dont on a besoin de faire pour se rendre de A à Z. Mais depuis que j’ai l’auto, je peux être spontanée. Alors, ne faisant pas les choses à moitié, je décide de partir à la dernière minute possible. On est spontané ou on ne l’est pas…

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May 1, 2011

a few thoughts about sex and disability

catherine @ 10:59 pm

This post is my contribution to Blogging Against Disablism Day 2011 (BADD 2011).

I am probably going to get hell for writing about this but anyway, here it goes…

A few weeks ago, I attended a workshop on the sexual rights of people with disabilities. This workshop was part of the Disability and Citizenship Week (Semaine Citoyenneté et Handicap) at l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a major university in the province of Quebec. It was the first time in a long time that I had heard of an event that broached this subject in my part of the world. I had two conflicting thoughts when I heard about it:

  1. Hmmm, how come we still need to talk about this in 2011? and;
  2. Well, this should be a change from the usual stuff I hear about (like accessibility, HTML5, blablabla).

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February 7, 2009

attachez-nous, tant qu’à y être

catherine @ 7:34 pm

Comme d’habitude, je suis en retard pour le party puisque je n’ai appris la nouvelle qu’hier : la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) oblige, depuis juillet 2008, les fabricants de fauteuils roulants motorisés à limiter la vitesse des « véhicules » à 10 km/h. Sans doute le fait que je n’utilise plus de fauteuil roulant motorisé depuis quelques années maintenant, sans compter que mon ignorance des actualités locales est légendaire, y est pour quelque chose. Mais bon, maintenant que je le sais, je dois dénoncer haut et fort cette mesure scandaleuse.

Déjà qu’on qualifie un fauteuil roulant de « véhicule » pose problème. Un moyen de locomotion, certes, mais pas du tout dans la même veine que des autos, motos, vélos, etc. Certains compareront un fauteuil roulant à des jambes ce qui se rapproche un peu plus de la réalité mais encore là, je trouve que l’analogie est pauvre. Simplement, cela représente un moyen pour certaines personnes handicapées de se déplacer, de bénéficier de plus d’autonomie et il n’y a vraiment rien qui puisse s’y comparer.

Certains groupes de personnes handicapées ont dénoncé cette mesure; il paraît qu’il y en a qui seraient même prêts à interpeller la Commission des droits de la personne s’il le faut et je leur souhaite merde. Mais la réalité est que la communauté est partagée. Sans doute le fait que la plupart des gens qui travaille dans le milieu et qui représente les intérêts des personnes handicapées n’est pas handicapé y est pour quelque chose…

Je ne me lancerai pas dans des longs argumentaires parce que, de toute manière, les chialeurs à l’origine de cette mesure discriminatoire s’en foutent et j’ai d’autre chose à faire que de perdre mon temps à essayer de convaincre des gens qui ne pigent pas. Mais je me permettrai de dire « tassez-vous calice au lieu de rester plantés là à nous dévisager ou à vous imaginer que vous êtes tout seul sur la planète ». Déjà ça, ça règlerait bien des problèmes.

Mais bon, si on se permet de limiter la vitesse à laquelle on peut se déplacer en fauteuil roulant, eh bien moi j’exige qu’on oblige les fabricants de vélos, skates, patin à roulettes et compagnie de limiter leur vitesse à 10 km/h. Car après tout, tout compte fait, ces « véhicules » sont beaucoup plus nuisibles à la santé de tous ces pauvres bipèdes.

Comme on dit en anglais, « fair is fair ».

PS. traduction googlienne de « tassez-vous calice »  : « pack your chalice ». Trop mourant.

PS2. Un article sur la question sur le blogue de Parole Citoyenne signé par Pierrot Péladeau qui explique infiniment mieux que moi la sournoise gravité de ce geste.

May 3, 2007

one of the many faces of disablism

catherine @ 1:57 pm

A very interesting post by ballastexistenz on a kind of disablism many persons with disabilities have to deal with. Drawing on some of her own experiences, she discusses more specifically how persons with cognitive or developmental disabilities are accused of being manipulative and/or considered impertinent by certain health-care professionals and she does an honest job of trying to figure out why this occurs, where it comes from.

Reading her post, I was reminded of the many times I was confronted with some of the situations she describes and that I vaguely touched upon in this post last year. And because I am at the core an idealistic fool, for the life of me I can not understand why, as a species and as a society, we have not gotten past this kind of stuff yet.

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